
De la fameuse « mante à bœufs » qui protégeait les animaux du soleil et des mouches aux toiles plus fines, le lin fait partie de la vie quotidienne des basques. Filer et carder : c’est ce savoir-faire que quelques spécialistes perpétuent dans des ateliers artisanaux. Mise en rouleau, découpée et brodée, la toile porte alors la griffe d’un véritable linge de tradition basque.
Jusqu’au milieu du 19ème siècle, plus de 500 familles de tisserands vivaient au Pays Basque. Le tissu était produit grâce à la culture du lin sur de petits lopins de terre, les femmes filaient, les hommes tissaient.
Au 19ème siècle, deux types de tissus étaient fabriqués : le premier était une toile épaisse, le marregue, qui servait à la confection de la mante à bœufs. Le deuxième était plus fin : il était réservé au linge de corps, aux draps et aux nappes.
Les sept rayures de la trame du tissu, représentant les sept provinces basques (quatre françaises et trois espagnoles), ne sont apparues qu’au siècle dernier. Elles servaient uniquement à définir les tailles des nappes destinées aux différentes tables.
Il existe de grandes zones d’ombre sur l’origine de cet artisanat, cependant, on sait qu’il a pris son essor à partir du 16ème siècle, lorsque la nappe est devenue la reine des jours de fête. Le tissage basque est resté florissant jusqu’à la deuxième moitié du 19ème siècle. Puis il a subi de plein fouet la révolution industrielle et la concurrence du coton anglais et américain.
Aujourd’hui, ramener en souvenir ce tissu rustique fait partie des incontournables et le linge de table rayé pare les maisons les plus élégantes.